Le premier ministre répond au grand rabbin de France

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CÉRÉMONIE DU SOUVENIR

Au sortir de la guerre, la révélation du génocide commis contre le peuple juif a plongé dans la stupeur le monde occidental. Ce qui a provoqué cette stupeur, ce n’est pas seulement que les juifs aient été les victimes désignées : nous le savons, les nations d’Europe avaient quelques mauvaises habitudes, et jamais la Shoah n’aurait été possible sans les vingt siècles de persécutions et de haine antijuive qui, partout, ont préparé le terrain.

De fait, la stupeur est née de la découverte insoutenable que l’antisémitisme ait pu aboutir à une pareille extrémité sans précédent dans l’histoire de l’Humanité. Si la passion antijuive a conduit à Auschwitz, alors l’antisémitisme doit être banni à jamais et doit être rendu impossible.

A travers le massacre organisé, planifié, bureaucratique de six millions de juifs, l’espèce humaine a pris la mesure vertigineuse des possibilités criminelles que l’être humain est capable de commettre contre lui-même. Et c’est bien l’espèce humaine – en tant que telle – qui est atteinte en son cœur par le crime monstrueux perpétué par les nazis contre le peuple juif. Pour juger de ce qui s’est passé à Auschwitz, aucune loi ordinaire et déjà existante n’était adéquate. Alors il a fallu recourir à un concept entièrement nouveau : celui de Crime contre l’Humanité.

Il s’agit bien d’un crime contre l’essence humaine, d’un crime métaphysique, commis contre l’Etre même de l’Homme sur la personne de chaque juif assassiné. Le cri qui montera jusqu’à la fin du monde dans le ciel d’Auschwitz et de Treblinka témoigne de la limite indépassable d’inhumanité que l’homme est capable d’atteindre.

Près de 70 ans après la Shoah, on assiste à un extraordinaire phénomène de rejet. L’antisémitisme renait un peu partout de ses cendres sous ses masques anciens, ou celui – plus moderne et, disons-le, plus facile – de l’antisionisme. A l’Est comme à l’Ouest, on cherche à se délivrer de la culpabilité dont l’antisémitisme a infecté les nations. Infection dont l’historien Raül Hilberg a rappelé la nature dans une formule sèche. Je le cite : « Les missionnaires de la chrétienté disaient trop souvent aux juifs : vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous en tant que juifs. Les chefs séculiers qui suivirent avaient proclamé : vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous ». A la fin, les nazis décrétèrent : « vous n’avez pas le droit de vivre ». Voici où nous en sommes 70 ans plus tard. La question n’est pas seulement comment Auschwitz a été possible, mais comment est-il possible, moins de 70 ans après, qu’on tue aujourd’hui en France, froidement, des juifs parce qu’ils sont juifs : Ilan Halimi, Myriam Monsonego, Jonathan, Arieh et Gabriel Sandler…

Qu’est devenu le « plus jamais ça », ce serment sacré auquel nous avions cru, après Auschwitz, que souscriraient les nations ? Qu’est devenu ce serment ?

Par le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim

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Ayrault annonce un plan d’action contre l’antisémitisme et le racisme

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’attaque au racisme et à l’antisémitisme. Il a annoncé lundi, qu’un « plan d’action » serait présenté « dans les prochaines semaines. » La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est « une priorité de mon gouvernement », a assuré le Premier ministre dans son discours d’inauguration du Mémorial du camp des Milles, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), seul grand camp d’internement et de déportation sous commandement français encore intact.

« Je réunirai un comité interministériel sur ce sujet dans les prochaines semaines, pour adopter un plan d’action », a-t-il annoncé. Ce plan sera « d’abord fondé sur l’éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l’étranger, sur l’autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées », a précisé Jean-Marc Ayrault.

Ce plan sera « d’abord fondé sur l’éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l’étranger, sur l’autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées », a précisé le chef du gouvernement. « Qui peut nier la résurgence de ce type de comportements » antisémites ou racistes ?, a ensuite lancé Ayrault au cours d’une conférence de presse.

« Il est important sur ces sujets que l’Etat s’affirme (...) La France est une République laïque : ça fonctionne quand on rappelle sans cesse nos valeurs, pour qu’elles soient au coeur même de la vie collective », a-t-il souligné. Il a indiqué que son gouvernement travaillait « depuis plusieurs semaines » sur ce comité interministériel.

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