Le colonel Richard Kemp CBE, ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan et l’un des officiers les plus décorés et respectés dans l’armée britannique compte 30 ans de carrière dans la lutte contre le terrorisme au Royaume-Uni et dans le monde. Ce qui fait de lui l’un des experts les mieux qualifiés pour commenter les récentes hostilités entre Israël et le Hamas, conclues un fragile cessez-le-feu.

Kemp était en Israël deux jours après qu’Israël ait commencé l’opération « Pilier de la défense », le 14 Novembre, en réponse aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas. Il a dit qu’il y était venu afin de « se faire une idée de première main » et « voir autant que possible par moi-même.» Toutefois, ce type de conflit lui est familier si l’on s’en réfère en Octobre 2009, lorsqu’il a témoigné devant le Conseil des droits de l’homme en réponse au rapport Goldstone qui accusait Israël d’avoir commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité pendant l’Opération « Plomb durci ».

À l’époque, Kemp avait en effet déclaré : « lors de l’Opération Plomb Durci, les Forces de défense israéliennes ont fait plus pour protéger les droits des civils dans les zones de combat que toute autre armée dans l’histoire de la guerre. »

En est-il toujours de même, à présent ?

Kemp estime qu’Israël a continué à prendre des « mesures sans précédent » pour protéger les civils palestiniens dans la bande de Gaza, et conclut : « Je ne crois pas qu’on puisse faire plus dans ces circonstances », à savoir, le Hamas s’obstinant régulièrement à choisir de tirer à partir de zones densément peuplées de civils, en totale violation des règles du droit international humanitaire.

Kemp reconnaît que des erreurs peuvent être commises, mais réaffirme qu’Israël fait « tout son possible pour éviter des pertes civiles », y compris en prenant des « mesures extraordinaires en temps de guerre », telles que la fourniture de carburant, d’eau et d’électricité, les lâchers de tracts et l’envoi de messages texto (SMS), avertissant les civils d’évacuer une zone avant toute attaque imminente.

Afin d’expliquer pourquoi Israël est allé jusqu’à de telles extrêmes, souvent au péril de ses propres soldats et au risque d’avantager le Hamas, Kemp rétorque : « C’est une indication du niveau de préoccupation humanitaire qu’Israël accorde à la population civile chez l’ennemi qu’il combat. » Il ajoute également que certaines des mesures qu’Israël a mis en place, pour la sauvegarde de la vie civile en temps de guerre, ont été adoptées par les forces de l’OTAN et appliquée en Afghanistan, où les troupes américaines et britanniques continuent de servir.

Ayant suivi de près les événements dans la région, Kemp estime qu’Israël était parfaitement fondé à lancer cette opération : « Je ne crois pas qu’Israël avait d’autre choix » après que le Hamas et d’autres groupes terroristes à Gaza aient intensifiés leurs attaques de missiles au cours de ces derniers mois.

Rappelons qu’avant même que l’opération soit lancée et après 20 plaintes répétées auprès de l’ONU restées lettre morte, quelque 800 roquettes avaient été tirées depuis Gaza sur le sud d’Israël cette année, soit 12.000 roquettes tirées par le Hamas au cours des 12 dernières années. Kemp estime donc que le gouvernement israélien « a fait preuve d’une retenue énorme sur une longue période de temps face à des attaques de missiles répétées », car « aucun gouvernement au monde ne pouvait rester les bras croisés et tolérer ce type d’attaques continues sur sa population civile. »

En outre, Kemp ajoute que l’Iran « a contribué à précipiter » cette opération en armant le Hamas, qu’il désigne comme un « client de l’Iran » disposant ainsi de missiles à longue portée capables d’atteindre Tel-Aviv et la capitale du pays, Jérusalem. « Israël ne pouvait tout simplement pas accepter une telle situation à sa porte, où le Hamas est capable de cibler près de la moitié de sa population avec des armes avancées, telles que le missile Fajr-5. »

Selon l’analyse de Kemp, l’armée israélienne a mené une « campagne très efficace » dans l’élimination des principaux dirigeants du Hamas et l’attaque des dépôts de munitions, causant relativement peu de victimes civiles. Il met cela sur le compte d’importants progrès dans l’intelligence israélienne et la sophistication de la technologie, notamment le système de défense anti-missiles Iron Dome (Dôme de Fer) , qu’il qualifie de « nouvelle donne ». Il souligne également les « précautions énormes » prises par l’aviation israélienne dans le ciblage précis des terroristes du Hamas.

En ce qui concerne le cessez-le-feu négocié en pleine nuit entre Israël et le Hamas, Kemp concède volontiers qu’il constitue un « risque majeur pour Netanyahu. » Bien qu’il estime que le Hamas va sans doute présenter cela comme une victoire, en fin de compte, Kemp estime, lui, que Netanyahu a atteint son principal objectif de « rétablir sa force de dissuasion » et de « porter un préjudice suffisant aux stocks d’armes du Hamas ainsi qu’à son leadership

Le défi majeur maintenant, selon Kemp, est « la prévention vérifiable en matière de capacité de réarmement du Hamas. » À cet égard, il affirme le « rôle-clé de l’Egypte, dans sa capacité à assumer ou non la responsabilité de bien contrôler sa frontière avec la bande de Gaza, et la pression internationale nécessaire sur l’Iran pour l’empêcher de continuer à fournir des armes de pointe au Hamas. »

Le colonel Richard Kemp est en effet un homme remarquable, un soldat courageux et héroïque qui a servi son pays avec distinction, dont la philosophie se résume à cette pensée : « Je vois ce que je vois et je vois Israël, un Etat démocratique occidental en lutte contre une organisation terroriste. »