Cinéma : Le cochon de Gaza remporte le César du meilleur premier film 25/02/2012

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Faire du blocus de Gaza le cadre d'une comédie n'allait pas de soi, peut-être parce qu'il ne vient pas de là, ni même du cinéma, l'écrivain et journaliste français Sylvain Estibal s'y est risqué, et il a bien fait. Fable absurde au parfum de comédie italienne, Le Cochon de Gaza se regarde comme on respire une bouffée d'air frais.

L'histoire est celle de Jafaar, un pêcheur gazaoui, sympathique et totalement aux abois. Depuis qu'Israël a réduit à rien l'espace autorisé pour la pêche, il ne trouve plus un poisson. Un beau matin, il récupère dans ses filets rien de moins qu'un gros cochon poilu. Panique.

Entre l'animal monstrueux qui rue dans les brancards en poussant des cris aigus et le pêcheur aussi terrorisé que si le diable s'était invité sur son bateau, la scène burlesque qui s'ensuit est formidable. "Le cochon de Gaza" de Sylvain Estibal a remporté vendredi soir le César du meilleur premier film.

"C'est un grand honneur pour moi et tous les cochons vietnamiens", a lancé le réalisateur, photographe à l'AFP actuellement basé en Amérique du Sud, remerciant au passage son "producteur du septième lard".

"Nous avons amené une cochonne à Malte manger des sardines, c'était pas gagné!", a-t-il ironisé, en rendant hommage à "tous les acteurs palestiniens et israéliens qui ont pris un grand risque en tournant ce film".

Le film raconte l'histoire d'un pêcheur de Gaza qui remonte un jour un cochon dans ses filets. Or l'animal n'a droit de cité chez aucun des peuples de la région. Cette fable drôle et tendre figure par l'absurde et le burlesque l'impossible quotidien sur cette langue de terre exiguë.

Rocambolesque
Le rocambolesque du film ira crescendo, se nourrissant des absurdités induites par la paranoïa réciproque des deux camps, par le culte de la virilité qui imprègne les esprits.
Humaniste et bon enfant, cette petite comédie sans prétention, dont la tenue ne se relâche jamais, joue sur les ressemblances entre Israéliens et Palestiniens sans s'arrêter sur les différences. La violence n'est pas occultée, que ce soit celle infligée aux Gazaouis par l'armée israélienne ou celle des attentats anti-Israéliens. Mais elle est toujours traitée sur le même mode farcesque.
L'élevage de cochons dans les colonies juives par exemple, alors que ces animaux n'ont pas le droit de poser le pied sur le territoire israélien, s'explique par la capacité qu'ils ont à flairer les explosifs. Aussi, pour contourner l'interdit, les installe-t-on sur des plates-formes, ou leur passe-t-on des chaussettes aux pieds. Cet humour foutraque sera-t-il aussi bien perçu en Israël et en Palestine qu'il l'est depuis la France ? C'est évidemment une question qui se pose.



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